Les Pionniers

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Les pionniers de l'archéologie épônoise


JEAN-FRANCOIS LOISEAU (1788 – 1866)

Issu d'une vieille famille épônoise, il devient conseiller municipal en 1817, puis est nommé. Maire d'Epône le 13 juin 1833. A 67 ans, en 1855, après trente huit ans de service à la mairie (dont vingt deux comme maire), il quitte cette fonction et se consacre à la rédaction des nombreuses notes et études qu'il a pu rassembler pendant des années sur l'histoire d'Epône et de ses habitants pour qui il éprouve « un attachement indissoluble » qu'il met en forme : nous avons ainsi la grande chance d'avoir cet ouvrage calligraphié « NOTICE HISTORIQUE SUR EPONE » conservé dans les archives de la mairie. Il avait l'intention de le faire publier, mais décèdera avant de pouvoir le réaliser.
Esprit curieux et cultivé, il compte parmi ses amis le nouveau sous-préfet de Mantes, Armand CASSAN.
Par exemple, il a vu et examiné, au château même, vers 1812* les PREMIERES DECOUVERTES ARCHEOLOGIQUES faites dans le domaine du Château de La Garenne, en labourant un champ entre le Pont Galon et le Batardeau et près du château, à savoir : une sépulture néolithique, un tumulus de l'époque du Bronze avec trois fers de lances (appelées hallebardes) parfaitement conservés, un petit vase en forme de lampe et un couteau en silex, des fragments de poterie, des médailles à l'effigie de l'empereur Valens et autres empereurs romains.
(* : cad bien avant Armand Cassan qui arriva à Mantes en 1830)


ARMAND CASSAN

Ancien Aide de camp du Général Lafayette, il arrive à Mantes en 1830 à l'avènement du roi Louis-Philippe pour occuper le poste de sous-préfet. Dès 1833, passionné lui aussi par l'histoire antique, il travaillera à la rédaction d'études ; il se fit confier, entre autres, les artefacts de La Garenne décrits par Monsieur Loiseau.
En 1835, il publie un ouvrage remarquable pour l'époque : Antiquités gauloises et gallo-romaines de l'arrondissement de Mantes (Seine-et-Oise).
CHARLES MARIE, BARON DE VINCENT
Après avoir été préfet du Jura, de Seine et Marne et du Rhône, il est Conseiller d'Etat et Sénateur en 1860, à l'époque où il s'installe à Mézières.
Esprit cultivé, passionné pour les Antiquités, c'est à lui que l'on doit en effet les premières études des dolmens des prés de La Garenne avec la collaboration occasionnelle d'Armand Cassan et de Monsieur Loiseau.


ALEXANDRE BROCHET (1828 – 1917)

Né à Epône le 23 février 1828, il fut longtemps clerc de notaire chez Maître Delabroise ; il était violoniste et chef de la Musique. Son grand-père avait tenu l'école en 1800.
Vers 1900, il quitta l'étude notariale pour prendre l'emploi de secrétaire-régisseur de Mr Paul Bertin, alors châtelain de La Garenne. Sa silhouette un peu massive était familière à tous dans Epône.
Conservateur et propagateur de la vérité historique, il a étudié avec un intérêt passionné et un souci méticuleux de la précision notre histoire locale et régionale, fouillant les trésors de la Bibliothèque Nationale, traduisant les antiques parchemins ; Il a mérité de ses contemporains un éloge peu banal : car on l'avait surnommé « l'homme universel ».
Mises à jour en 1880 par Henry Leroy, régisseur du domaine, Alexandre Brochet étudie les allées couvertes de la Garenne et de « La Justice » avec les préhistoriens les plus notables.

PERRIER DU CARNE (fin 19e siècle)

En 1881, il fouille l'allée couverte de la Justice. Hélas, elle avait été dégradée et pillée en 1793. En 1884, il publie « L'arrondissement de Mantes aux temps préhistoriques », ouvrage qui reste un témoin irremplaçable sur les fouilles et les destructions des mégalithes du XIXe siècle.
L'allée couverte de la Justice sera classée en 1887.


EDMOND BORIES (fin 19e siècle – début 20e s.)

Célèbre historien et peintre a habité à Orgeval et à Villennes ; il a publié en 1907 son monumental ouvrage de 760 pages « HISTOIRE DU CANTON DE MEULAN » traitant la protohistoire et l'histoire de chacune des vingt communes et illustré de 400 dessins (dont deux reproduisant l'intérieur de l'allée couverte du Trou-aux-Anglais au moment de sa découverte) et de 40 plans. Il a aussi publié une NOTICE HISTORIQUE DE POISSY en 1906.


ELIE CAMUS (1901 – 1988)

De famille épônoise et versaillaise, son père était conseiller municipal dans les années 20. Il épousa Jeanne Héloin en 1924.
Très érudit, passionné de photographie, de musique et d'histoire, surtout celle d'Epône et de ses habitants, « sachant conter des histoires avec un grand rire franc, l'oeil pétillant d'humour sous la paupière plissée, il redressait sa haute taille, impressionnant comme un menhir » (cf hommage de Monsieur Bricon dans le Vivre à Epone d'Avril 1988 - cf éloge de Monsieur Décalogne dans le Vivre à Epône de Juin 1982).
Des générations d'enfants sont venus dans son bureau dans sa maison du 10 rue St Martin pour faire leurs devoirs et ont admiré « son petit musée » où des objets préhistoriques étaient mis en valeur : des ossements, une hache guerrière, une lame de poignard découvertes en 1947, au cimetière d'Epône. Lorsque des travaux étaient entrepris, il se présentait toujours sur les lieux, discutant avec les ouvriers, photographiant ; c'est ainsi qu'il fut un des premiers à voir le premier squelette mis à jour ruelle Saint-Germain.
Mais déjà plusieurs années avant cette découverte du cimetière mérovingien, en 1972, il avait l'idée de rassembler les résultats de ses investigations sur papier, et en parlait avec Monsieur Bricon à qui il a été le premier à ouvrir sa porte à son arrivée en 1958 (cf Courrier de Mantes du 12 janvier 1974).


DANIEL BRICON (1928 – 2004)

Dernier représentant de cette longue lignée d'érudits, il arrive à Epône en 1958 en tant qu'instituteur.
Il travaillera inlassablement à l'avancée des connaissances archéologiques et historiques de la commune Epône.
En 1969, il fonde, avec quelques autres passionnés le CRARM (Centre de Recherches Archéologiques de la Région Mantaise). En 1972, il fouille le cimetière mérovingien menacé par les pelleteuses et sauve de la destruction de nombreuses pièces archéologiques. Il écrit de nombreux articles traitant d'archéologie et d'histoire locale.
En 1989, il publie un livre remarquable « Epône raconté aux épônois », fruit de 30 ans d'études et grâce auquel il remporte le prix d'histoire locale.
Son immense travail ne sera reconnu officiellement qu'en juin 2004 où il est fait Chevalier des Arts et Lettres, juste avant de s'éteindre en août de cette même année.
Gravure du « laboureur » dans l'allée couverte du « Trou-aux-Anglais ».
C'est la plus vieille représentation humaine du département des Yvelines.
Elie Camus
Daniel Bricon (au premier plan), examinant l'allée couverte du « Fort à Faire » à la Villeneuve en 1996.


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