Le Patrimoine local

Patrimoine Local

L'orgue de l'église Saint Béa

Epône; brève vision du passé


Epône est un village habité depuis longtemps. Les premiers monuments qui témoignent de sa haute antiquité sont des allées couvertes (variante  en Ile de France de ce que l'on nomme communément dolmens). Réalisés au néolithique moyen, vers 3000 ans avant JC, cinq ont été découvertes sur le territoire de la commune. La plus significative d'entre elles  a été déplacée dans les fossés du château de Saint Germain en Laye. Une seule reste encore visible dans le quartier d'Elisabethville.
Des vestiges de constructions gallo-romaines (villas et zones artisanales) ont été mis au jour, près de la Seine dans la zone d'activité dite de la Couronne des Prés. On sait qu'à l'époque le trafic fluvial sur la Seine  était régulier.
Les siècles passant, le village a remonté la pente du coteau progressivement.
Des temps mérovingiens, divers artefacts (vases, boucles de ceinture, fibules…) sont trouvés et surtout une très vaste nécropole mise à jour au niveau de l'actuel cimetière. Seule une partie a été  est fouillée, mais tous les indices montre que son importance devait être grande.
A l'époque Carolingienne, une chapelle est attestée entre les rues Grange-Dîme et des deux frères Laporte. Dans la même zone, Chemin de la Plâtrière, des fouilles menées en 2012, ont montré des fonds de cabanes.  Le village de cette époque devait s'étendre à peu près au niveau de la rue Des Deux Frère Laporte, vers l'ancienne poste.

Le Moyen Age voit se développer le village, un peu plus haut entre cette dernière rue et l'église Saint Béat actuel.  Il comprend jusqu'à cinq églises ou chapelles. Une enceinte ? Peut-être. Mais, surtout il est marqué par une répartition de domination entre divers seigneurs et le chapitre de Notre Dame de Paris. Ceci explique les armes de la ville, parties, avec une représentation de la Vierge à l'enfant d'un côté et une tour crénelée de l'autre. L'imbrication des deux domaines, civil et ecclésiastique, s'accroit avec les siècles. En 1697, il faut borner. Une modeste pierre, témoignage de cette opération,  reste encore visible rue d'Antar avec sur un côté l'inscription ND (Notre Dame).

Les guerres de religions sont rudes pour le village. Durant la période de la guerre à l'issue de laquelle Henri de Navarre est devenu Henri IV, Epône était clairement du côté catholique. Pour se défendre des troupes protestantes, une muraille a été construite, dont les traces sont toujours visibles (en particulier deux tourelles). 

Au XVIIIème siècle, le château d'Epône, propriété de la famille Héraut de Seychelles, rentre dans l'actualité en recevant l'Ambassadeur des tous nouveaux Etats-Unis d'Amérique, Benjamin Franklin. Le château sera détruit en 1944. Un petit temple dans son parc, dit temple de David ou de l'Amitié, reste en souvenir de cette visite.

Lorsque, en 1843, le premier train s'arrête à la gare d'Epône-Mézières, le village s'inscrit dans un paysage de long de Seine qui devient à la mode : Zola s'installe à Médan ; Monet à Giverny. Les propriétés de WE pour la bourgeoisie  parisienne se construisent dans les deux villages. Le peintre, décorateur Christian Bérard s'installe à Mézières, une famille Montgomery à Epône.

A la fin du XIXème siècle, dans l'engouement de la découverte de la haute antiquité de l'homme, Epône n'échappe pas à la tradition des chercheurs archéologues amateurs. Alexandre Brochet en est parfaitement représentatif. La tradition des sociétés savantes sera renouvelée après la deuxième guerre et le CRARM (Centre de Recherches Archéologiques de la Région Mantaise) créé à Epône à la fin des années 1960 a acquis sa place et sa respectabilité dans le monde scientifique de l'archéologie.

L'industrialisation de la vallée de la Seine, en particulier l'installation des usines Renault à Flins en 1953, a profondément modifié le paysage urbain. Les Lavoirs à poireaux ont disparus, les grandes propriétés ont été largement démontées, au profit de lotissements pavillonnaires.  Il ne reste plus que cinq agriculteurs. Par contre l'augmentation de la population a été sensible pour dépasser aujourd'hui les 6 000 habitants, mais en cherchant bien on retrouve des témoignages discrets du passé qui ne demandent qu'à  être compris.


Église Saint-Beat d'Epône


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