L'Archéologie

  • Préservation du mobilier issus de plus de 40 ans de prospection pédestre.
  • Étude du mobilier.
  • Diffusions des études (bulletin, exposition).

La région mantaise, de Néandertal à Cro-Magnon.

Dès le XXème siècle, des érudits, membres de sociétés savantes, se sont penchés sur les plateaux et coteaux qui cernent Epône et descendent jusqu'à la Seine. A cette époque on fouillait les derniers monuments mégalithiques qui avaient survécus au temps et aux hommes. On récoltait dans les carrières les fameux bifaces révélés par Boucher de Perthes et l'on vidait allègrement de leur précieux mobilier les sarcophages mérovingiens.

Progressivement, au fur et à mesure de nouvelles connaissances acquises principalement grâce au travail de plusieurs générations d'érudits locaux, Epône et la région mantaise ont commencé à révéler leur richesse archéologique.

Fondé en 1969 par quelques passionnés, le CRARM est présent sur la commune d'Epône depuis plus de 40 ans. Il a donc vécu cette transformation de l'archéologie et a su s'adapter aux nouvelles contraintes, aux rigueurs d'une science somme toute assez nouvelle pour le département des Yvelines. Le Service archéologique départemental (SADY) n'ayant été créé qu'en 1978 par le Conseil Général des Yvelines.
Grâce au concours des professionnels, nous avons pu exploiter au mieux nos importantes collections. Elles ont livré une quantité exceptionnelle de renseignements qui nous permettent maintenant de présenter un portrait assez réaliste d'une bonne partie de la préhistoire du mantois.

Dans notre région, les traces les plus anciennes d'hominidés remonteraient au Paléolithique ancien, à la période acheuléenne voici plus de 300 000 ans. Elles auraient été laissées par des prénéandertaliens pendant la phase froide du Saalien. Dans les années 60 et 70, Didier Carité a découvert de nombreux vestiges de cette époque dans les carrières de Flins-sur-Seine. En particulier des outils de silex dont de nombreux bifaces. Ces objets étaient associés à des restes d'animaux tels que des dents d'éléphants antiques, de mammouths ou de rhinocéros laineux, des ossements de bovidés (aurochs ou bison) et de chevaux.

Au Paléolithique moyen, on retrouve aussi la trace de Néandertal de l'autre côté de la Seine, à Guitrancourt. Mais aussi un peu partout sur les buttes sableuses qui traversent les plaines entre la Seine et Houdan. Postes d'observation idéaux pour ces redoutables chasseurs, les hauteurs leur permettait de repérer de loin les troupeaux d'herbivores.

Après leur disparition voici 35 000 ans environ, les premiers hommes modernes (Cro-Magnon), également chasseurs, ont eux aussi occupé les mêmes emplacements, probablement pour des raisons identiques. Plusieurs cultures du Paléolithique supérieur se sont succédé dont certaines étaient inconnues en région mantaise il y a encore une dizaine d'années.
Grâce à un long travail de recherche sur le terrain et dans nos collections, nous avons réussi à combler un vide de 30 000 ans dans la préhistoire de la région mantaise. Nous savons maintenant que l'homme moderne était présent chez nous pendant quasiment toutes les grandes phases du Paléolithique supérieur, c'est-à-dire à l'aurignacien (ou faciès aurignacoïde), le gravettien, le magdalénien et l'azilien.
Mais cela ne signifie pas que l'homme ait séjourné de façon ininterrompue dans le mantois pendant tout le Paléolithique supérieur.

La dernière grande lacune se situe dans la période la plus froide de la dernière glaciation, entre 23 000 et 21 000 ans BP. Le climat polaire du nord de la France est particulièrement hostile pour Cro-magnon qui se réfugie dans le sud-ouest en attendant des jours meilleurs.
Pendant ces trois millénaires va se développer la culture solutréenne. Les tailleurs de pierre de cette époque vont atteindre des sommets de virtuosité en réalisant des pointes foliacées d'une extrême finesse appelées « feuilles de laurier et feuilles de saule ».

Seuls deux indices laissent un doute sur la présence de l'homme dans notre région au solutréen. Le premier est un possible fragment de pointe à cran qui avait été ramassé sur le plateau de Velannes par un membre du CRARM. Un peu trop seul, l'indice avait été mis de côté en attendant d'éventuelles autres découvertes. Au printemps 2009, lors de sondages archéologiques, un archéologue de l'INRAP, Frédéric Blaser découvre à son tour un possible fragment de feuille de laurier dans des niveaux géologiques attribués au solutréen.
Toutefois, ces deux éléments sont trop isolés et ne suffisent pas, à eux seuls, à prouver une réelle présence solutréenne.
Le réchauffement de la fin du Pléistocène voit apparaître les cultures du Mésolithique (9500 à 5500 av. J-C) avec leurs industries microlithique si caractéristiques. Ces cultures sont bien représentées dans notre région, en particulier le Mésolithique ancien et moyen. Le Mésolithique récent étant encore très rare.

Toutes ces périodes et les sites régionaux qui s'y rattachent, ont fait et font actuellement l'objet d'études universitaires au sein du CRARM.
Durant l'été 2010 des sondages sur la commune de Boissets ont permis de constater la présence de vestiges archéologiques en place datant du paléolithique moyen et du Mésolithique.

Jean-Michel PORTIER
Industrie su site paléolithique moyen de Guitrancourt (Yvelines)
Dent trouvée à Flins (Yvelines), collection D. Carité
Biface trouvé à Flins (Yvelines), collection D. Carité


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